L'usage de drogues peut conduire à des troubles du comportement dont une version extrême est l'addiction.
Cette psychopathologie se définit comme une perte de contrôle sur l'usage. Elle se traduit notamment par le maintien de l'usage malgré ses conséquences néfastes sur la santé et/ou la vie sociale.
Partout dans le monde, l'addiction aux drogues est un problème de santé publique. Dans ce contexte, la cocaïne et le tabac sont deux substances particulièrement problématiques.
L'addiction à la cocaïne ne touche qu'environ 20% des usagers, mais l'usage de cocaïne, et donc l'incidence de l'addiction, sont en augmentation constante, en particulier en Europe. Or aucun traitement, même substitutif, n'existe contre l'addiction à la cocaïne.
Concernant le tabac, dont le principal composé addictif est la nicotine, l'incidence de l'addiction est très élevée, en raison notamment du caractère légal de la substance et de son très fort pouvoir addictif (près de 40% des consommateurs développent une addiction). A la différence de la cocaïne, le tabac altère peu le comportement, et le développement d'une addiction est peu désocialisant. Mais fumer de façon chronique conduit à des pathologies lourdes et souvent fatales qui pourraient être prévenues, si 70% des fumeurs qui souhaitent cesser de fumer y parvenaient. A la différence de la cocaïne, des aides thérapeutiques pour cesser de fumer existent mais elles ne sont efficaces que chez un nombre limité de sujets et, surtout, préviennent mal la rechute du comportement.
Notre objectif est de contribuer à améliorer la compréhension des mécanismes psychobiologiques de l'addiction à la cocaïne et à la nicotine, pour qu'à terme des solutions thérapeutiques efficaces puissent être développées.
L'originalité de notre stratégie expérimentale réside dans la prise en compte des vulnérabilités individuelles, largement ignorées en psychopharmacologie. Les usagers ne sont pas tous à risque. Par ailleurs, dans le cas du tabac, les données cliniques indiquent que l'expression de l'addiction, et donc probablement les mécanismes psychobiologiques sous-jacents, peuvent faire l'objet de variations individuelles.
Dans l'étude des mécanismes psychobiologiques de l'addiction à la cocaïne et à la nicotine, nous appliquons des procédures de psychologie expérimentale et de psychopharmacologie que nous couplons à des techniques complémentaires d'exploration neurobiologique, du niveau moléculaire à la connectivité fonctionnelle.
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